« Il faut éradiquer le fascisme » : déclaration de Partis Communistes sur la situation au Donbass

Un certain nombre de partis communistes et d'organisations de Russie, d'Ukraine, d'Azerbaïdjan, de Lituanie, du Kazakhstan, de Biélorussie et du Kirghizistan ont signé une déclaration commune sur la situation dans le Donbass. Ces Partis Communistes appellent à la solidarité internationaliste des travailleurs contre les impérialistes et leurs marionnettes fascistes.


« Le fascisme ne peut pas être guéri avec des mots


L'automne 2021 a été marqué par une série de provocations particulièrement indécentes des troupes punitives ukrainiennes dans le Donbass. Ils bombardent des villes, kidnappent des gens, utilisent des drones turcs, s'emparent d’habitations situées en territoire neutre, négligent les accords de Minsk. Des gens meurent, y compris des enfants. Les hommes d'État et les oligarques qui se tiennent derrière les [expéditions punitives] sont responsables de la mort de dizaines de personnes et de la destruction du cadre de vie de milliers d’habitants [du Donbass]. Ils sont responsables de l’aggravation de la situation aux frontières et de la « menace » russe, et implorent des financements des États-Unis et de l'UE, qui soutiennent les nationalistes [ukrainiens].

Au cours des sept dernières années, l'Ukraine est devenue un véritable État fasciste. Cela a commencé par la destruction de monuments dédiés à Lénine et à d'autres dirigeants révolutionnaires et soviétiques, en brûlant vifs les participants aux manifestations pacifiques contre les actions anticonstitutionnelles (Maison des syndicats à Odessa le 2 mai 2014), en attaquant et en tuant des journalistes et des militants de gauche ; la violence brutale contre les migrants et les représentants des minorités nationales ; et au niveau gouvernemental, cela s'est poursuivi avec la glorification des hommes de Bandera - les assistants d'Hitler et les traîtres du peuple ukrainien. Ils utilisent les symboles nazis de 1941-1945, les saluent même dans l'armée ; ils organisent des processions aux flambeaux des nazis ; ils interdisent par la loi toute activité du Parti communiste.


De nombreux militants communistes et socialistes, répertoriés sur le tristement célèbre site « Mirotvoretz » (artisan de la paix), qui existe sous le contrôle des services de sécurité ukrainiens, ont été contraints de quitter le pays.


Sous la pression des sociétés transnationales de divers pays impérialistes, l'héritage industriel soviétique a été détruit et vendu par les gouvernements bourgeois et les oligarques, qui [ne voulaient] pas conserver des usines et, par conséquent, les centaines de milliers d'emplois [liées à l’activité industrielle]. Les syndicats et le mouvement ouvrier ne sont pas complètement liquidés, mais ils sont brisés et désorganisés. La détérioration des conditions de vie des travailleurs rend évidemment la lutte nécessaire.


Les signes de lutte politique pouvaient encore être observés en Ukraine avant le « Maidan » de 2014, mais aujourd'hui les protestations des travailleurs sont principalement dirigées contre la hausse des prix et des tarifs du logement et de l'énergie, contre la dépréciation des prestations et des pensions des retraités. En même temps, il y a maintenant beaucoup moins d'opportunités pour coordonner les actions des travailleurs et transférer l'expérience de la lutte politique prolétarienne. Les travailleurs sont démoralisés, ils ont été trompés à maintes reprises. Des millions de personnes ont perdu leur emploi stable, et en même temps ont perdu toute capacité d'auto-organisation de classe. Les travailleurs survivent tout simplement, beaucoup sont obligés de travailler, au pays et encore plus à l’étranger, dans des conditions dignes de l’esclavage ou de la servitude.


Même la démocratie bourgeoise a été constamment piétinée et affaiblie. Tout média indépendant est interdit. Les tentatives de résistance sont complètement supprimées, presque instantanément. L'intimidation pour des raisons politiques, linguistiques et religieuses est devenue monnaie courante dans l'Ukraine moderne. Le peuple du Donbass, qui ne voulait pas se soumettre à l'influence fasciste, s'est retrouvé piégé dans les contradictions entre les impérialistes de l'Occident (soutenant l'oligarchie ukrainienne et incitant les autorités nationalistes d'Ukraine à déclencher la guerre), et l’impérialisme de la Russie qui a essayé de protéger les intérêts des oligarques russes. Il n'y a maintenant ni paix ni guerre déclarée dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Mais ce qui se passe ressemble plus à une guerre. Les bombardements par les forces punitives ukrainiennes sont devenus une pratique quotidienne depuis 7 ans. Non seulement les militaires meurent, mais aussi les travailleurs qui se sont levés pour défendre leur terre. Des vieillards, des enfants et des femmes meurent sous le feu. Sur le chemin de l'école, sur le chemin du retour, sur le chemin du magasin ou du travail. Les forces militaires de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk ne peuvent ni attaquer (les accords de Minsk ne le permettent pas, et les républiques n'ont pas assez de ressources pour cela), ni battre en retraite (cela conduirait au massacre des civils par les gangs nazis). Les soldats des républiques autoproclamées ne peuvent qu'occasionnellement riposter contre l'ennemi.


La Russie capitaliste n'aide pas à résoudre la situation. Selon la décision des politiciens moscovites, les républiques du Donbass reçoivent une certaine aide de la Russie, mais uniquement dans l’objectif de maintenir le statu quo, et non pour contrarier les « partenaires occidentaux ». Ainsi, les forces armées des républiques ne peuvent ni reculer, ni avancer. […]

Aucune force extérieure n'est capable ou désireuse de punir les criminels de guerre ukrainiens et de conduire les peuples à la paix. Seuls les travailleurs eux-mêmes : ukrainiens, russes et tous les autres, peuvent le faire, peuvent lutter pour la paix, le socialisme et une vie meilleure, contre l'impérialisme.


Le fascisme ne peut pas être guéri avec des mots. Cet abcès doit être retiré. Il n'est possible d'éliminer définitivement les symptômes qu'en mettant fin à sa cause : le capitalisme. Il est nécessaire de l'expliquer aux travailleurs en Ukraine, en Russie, dans la région du Donbass et dans le monde : seul une union de classe des travailleurs peut résoudre cette situation maligne et éliminer toute rechute similaire du fascisme dans d'autres pays.


Vive l'amitié internationale des travailleurs ! Vive la nouvelle révolution socialiste internationale ! Rejetons les impérialistes américains et européens qui encouragent les fascistes. Les bourreaux nazis et [héritiers] de Bandera doivent être traduits en justice ! »


Signataires Réseau SolidNet

Union des communistes d'Ukraine

Parti communiste des travailleurs de Russie

Parti socialiste de Lituanie

Parti communiste d'Azerbaïdjan

Mouvement socialiste du Kazakhstan

Autres partis signataires

Front des travailleurs d'Ukraine

Front des travailleurs du Donbass

Organisation communiste des travailleurs de la LPR

Organisation républicaine du PCUS en Biélorussie

Parti communiste du Kirghizistan

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