11 novembre 1918 : « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels »

Le 11 novembre 1918 marque la fin de la Première guerre mondiale et du massacre pour les usines et les matières premières.

Le déclenchement de cette guerre, qui n’est pas le fait du hasard mais bien le produit des contradictions du capitalisme, survient après les guerres balkaniques et la montée générale des tensions entre les grandes puissances européennes, impériales et coloniales.


Les trop nombreuses contradictions dans le partage du monde, les désaccords larvés depuis des années et l’émergence de la nouvelle puissance industrielle allemande font exploser la marmite en 1914. En 4 ans, cette guerre à l’échelle industrielle et mondiale aura causé la mort de 18,6 millions de travailleurs.


En France, les directions de la SFIO et de la CGT rejoignent l’Union sacrée. Ce scénario se reproduit en Allemagne, mais aussi dans les autres pays. A l’exception des Bulgares et des Russes, la trahison de la social-démocratie de ses propres mots d’ordre antimilitariste et anti-impérialiste est globale. Ce choc facilite la mobilisation générale de tous les travailleurs par les Etats. Les mutineries généralisées, en France, mais aussi en Allemagne, la révolution d’Octobre 1917 et l’embrassement révolutionnaire en Europe mais aussi en Asie sont aussi une conséquence du choix de la collaboration de classe par une partie des dirigeants socialistes.


A ce propos, la fin de cette guerre ne tombe pas non plus du ciel. L’armistice du 11 novembre est certes lié à un épuisement général des puissances belligérantes. Mais, c’est bien le déclenchement, le 8 novembre 1918, de la révolution allemande, dans le sillage de la révolution bolchevique d’octobre 1917 qui explique l’effondrement de l’armée allemande et la volonté des officiers et généraux de couper l’herbe sous le pied de la Révolution en renversant l’Empire allemand, avec la complicité de dirigeants sociaux-démocrates, pour y substituer une république bourgeoise.


Rappelons au passage que ce conflit oppose des puissances impériales et coloniales qui se cachent dans les manuels d’Histoire derrière le parlementarisme pour s’innocenter du caractère dictatorial de la IIIe République envers les populations colonisées. Au début du XXème siècle, les empires coloniaux organisent la production par le travail forcé et la surexploitation des travailleurs colonisés, organisation qui dissimule un esclavage brutal.


En 2021 comme en 1914, ne croyons aucun gouvernement qui proclame aux travailleurs que les guerres menées par la France sont dans l’intérêt général ou dans celui de la Nation : « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ».

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