Brecht : le fascisme n'est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise

Alors que le cirque médiatique met en place le spectacle des élections présidentielles, nous rappelons cette phrase de l’immense metteur en scène, écrivain et poète communiste allemand, Bertolt Brecht, « Le fascisme n'est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise. »


Nous publions également ci-dessous un de ses poèmes


"Ceux qui sont contre le fascisme sans être contre le capitalisme, qui se lamentent sur la barbarie issue de la barbarie, ressemblent à ces gens qui veulent manger leur part du rôti de veau, mais ne veulent pas qu’on tue le veau.


Ils veulent bien manger du veau, mais ils ne veulent pas voir le sang. Il leur suffirait, pour être apaisés, que le boucher se lave les mains avant de servir la viande.


Ils ne sont pas contre les rapports de propriété qui engendrent la barbarie, ils sont seulement contre la barbarie. Ils élèvent leur voix contre la barbarie dans des pays où règnent les mêmes rapports de propriété, mais où les bouchers se lavent les mains avant de servir la viande.


Récriminer bien haut contre des mesures barbares peut avoir de l’effet provisoirement, tant que ceux qui vous écoutent s’imaginent que ces mesures sont impensables dans leur propre pays.


Certains pays sont encore à même de maintenir leurs rapports de propriété par des moyens moins violents. La démocratie leur rend encore les services pour lesquels d’autres doivent faire appel à la violence, à savoir : garantir la propriété privée des moyens de production.


Le monopole des usines, des mines, des biens fonciers engendre partout un régime de barbarie ; mais il est plus ou moins visible.


La barbarie ne devient visible que lorsque le monopole ne peut plus être protégé que par la dictature ouverte."


Bertolt Brecht, Cinq difficultés pour écrire la vérité, 1934



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